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    J'ai beaucoup de mal à commencer cet article. J'aurais aimé être très exhaustif sur mon ressenti en sortie d'école. Je crains par avance de ne pas l'être, d'être trop fouilli et de vous perdre dans toutes sortes de considérations. J'ai commencé la rédaction de cet article y'a déjà plusieurs semaines : au retour de mon stage de février. L'école était "presque" finie et mon idée déjà faite. Je vais essayer d'ordonner ça en plusieurs temps.

    I) Ressenti général

    J'ai passé 4 concours pour rentrer en école de journalisme. A l'issue des concours, 2 écoles pouvaient m'accueillir. J'ai fait partie de ceux qui ont la chance de choisir : CUEJ ou IJBA. J'ai hésité un long moment. Je ne saurai trop dire ce qui m'a poussé à choisir Bordeaux plus que Strasbourg. Les deux écoles semblaient se valoir. J'ai recueilli des témoignages et ils étaient tous partagés. 
    2 ans plus tard, j'ai quand même l'impression d'avoir fait le bon choix. Encore une fois, tout cela est mon ressenti et n'est absolument pas objectif. Je me base sur les témoignages reçus de personnes ayant été à Strasbourg et sur mon avis de Bordeaux et j'en conclus que l'IJBA m'a surement plus apporté que le CUEJ n'aurait pu le faire. Mais les avis peuvent diverger et je n'impose pas ce constat personnel à tout le monde. Le CUEJ est sans doute une bonne école mais qui semble se reposer sur une notoriété passée. L'IJBA - avec tous ses défauts - me semble une école montante à l'heure actuelle. D'autres vous diront peut-être le contraire.

    En 2 ans, j'ai appris énormément de choses. Je pense quand même qu'on aurait pu encore en apprendre plus. Après, tout est question de travail personnel aussi. Je regrette parfois qu'en première année on ne travaille pas assez sur l'environnement actuel du journalisme. Qui est qui ? Qui fait quoi ? Qui sont les dirigeants des titres de presse, de radio ... Qu'ont-ils fait ? Je regrette presque qu'on ne nous ait pas imposé la lecture de certains ouvrages "fondateurs" du journalisme. Mais là encore, c'est un travail que chacun peut faire de son côté. 

    II) La première année

    Pendant que j'y suis, autant commencer par là. Il y a un fossé entre première et deuxième année. Un fossé en terme de travail déjà, et d'engagement. Quand je dis engagement, je veux dire qu'on sent tout de suite en M2 que c'est la dernière année et qu'il faut déjà se considérer journaliste et ne pas attendre la sortie. En M1, j'avais moins ressenti ça. On a clairement l'impression d'être encore à la fac, que ce soit dû aux cours, aux quelques devoirs d'écriture, aux partiels, à la vie à 36 ... 

    Le problème de cette première année, c'est son côté ultra théorique pendant plusieurs mois. Et pas de la théorie passionnante. Pas de mise dans le bain du journalisme, enfin pas assez. La critique des médias y est sous représentée voire laissée de côté, l'éthique du journalisme également (bien qu'on ait eu 2 cours là dessus), la compréhension globale de notre métier n'est pas au programme. On rentre dans une école et on nous enseigne la fac : comment écrire, les techniques d'infocom, de l'anglais digne du lycée ... Je sais que la maquette universitaire impose des choix. Mais ces choix ont pourri une partie de notre première année. Pas de formation technique (aux logiciels, au matériel), pas ou peu de pratique (trop peu d'écriture, peu de maniement de caméras et Nagra pour la radio ...) Bref, on arrive au 2eme semestre avec déjà 5 mois dans une école et on n'a pas appris grand chose. 

    Heureusement, le 2nd semestre est mieux. Entre Imprimatur et les sessions TV / radio + BKL + le datajournalisme, on a bien bossé. Mais, on est encore dans les réflexes du premier semestre. La dose de boulot a été si tranquille avant que le contraste est saisissant. Cela explique aussi pourquoi BKL a été mal préparé en amont. Parce qu'on nous a trop souvent laissé tranquille, on nous a laissé trop de latitude. Mais je l'ai déjà dit, nous avons aussi notre part de responsabilité là dedans. Certains trouveront peut-être qu'on avait assez préparé BKL, c'était pas mon impression et je le répète, ce que j'écris ici est mon ressenti donc ça peut ne pas coller au ressenti global.

    III) Les stages

    La bascule se fait avec le stage charnière de l'été. On passe d'étudiant à journaliste. Réflexe qu'on ne doit plus perdre ensuite. Je ne parlerai pas de mon stage perso, et j'ai déjà fait un retour sur les stages de cet été précédemment. Ces quelques lignes sont simplement là pour rappeler l'importance des stages. Souvent, on me demande combien de stages on fait au cours des 2 ans. C'est très aléatoire. Ca dépend des gens, des spécialités, des envies, des opportunités. En ce qui me concerne j'ai fait 9 stages (Dernières Nouvelles d'Alsace, France TV sport, Le Progrès, la RTVE en Espagne, France Bleu Saint-Etienne à 2 reprises, France Inter, RFI, et il me reste France Info en septembre) Et je conseille à chacun d'en faire le plus possible, notamment en 1ere année où on a le temps d'en faire. Mais avec le recul, plutôt que de tester plusieurs rédacs différentes, je trouve que revenir dans une rédaction est super avantageux. Ca permet de connaitre le lieu, l'équipe, la manière de travailler. Sur un stage de 15 jours, c'est très intéressant de pouvoir rentrer vite dans le vif du sujet. On aura le temps d'être perdu à chacune de nos arrivées dans nos futures rédacs ! Là, avoir une certaine sécurité en revenant peut être bien. Surtout que les personnes nous voient évoluer au fil du temps. Bref, découvrir plusieurs rédacs, c'est très bien mais s'il est possible d'avoir une continuité c'est bien aussi.

    IV) La seconde année

    Autant vous dire qu'elle est déjà terminée et que je m'en suis pas rendu compte. Tout change entre M1 et M2 : le rythme, les profs, le contenu, les responsabilités ... On passe d'étudiant à journaliste. Dans la spé radio, on forme vraiment une rédaction que tu intègres chaque jour avec une conférence de rédaction pour savoir ce qui s'est passé dans l'actu, ce qu'on va faire aujourd'hui, comment ... Comme dans une vraie rédaction.
    Les journées commencent donc tôt avec le tour des radios, des journaux, du fil AFP ... et se poursuivent avec la journée de travail (reportages, journaux, flashs, impro, direct ... ce sont à peu près tous les exercices qu'on nous a fait faire)
    Je parle pour la spé radio, c'était vraiment super ! Les intervenants sont de qualité, on bosse beaucoup et on progresse énormément. Quand on réécoute nos reportages d'il y a quelques mois et ceux d'aujourd'hui, on voit vraiment cette progression. Et je dois dire que ça fait plaisir de voir qu'on a appris vraiment quelque chose. Mieux : qu'on l'a intégré, que c'est devenu naturel. Alors, bien sûr, on en est qu'au début de notre progression, mais les bases sont jetées. 

    Pour ceux qui choisiraient autre chose que la radio (il en faut !), les autres spés sont aussi de qualité. La presse écrite manque peut-être un peu de "hard news" et préfère l'écriture plus longue, et la TV manque peut-être également de format long (comme la radio d'ailleurs). Mais ce ne sont que quelques critiques que j'entends et je ne saurai les formuler avec certitude. Ce qui est sûr, c'est qu'on est bien formés à l'IJBA, dans toutes les spés. L'école nous met dans de bonnes dispositions et même si tout n'est pas parfait, les gens s'en sortent plutôt bien à la sortie, même si les débuts dans le journalisme sont forcément compliqués et précaires. 

    V) Bilan

    Bien sûr on pourrait améliorer des dizaines de choses à l'IJBA, tant sur le plan de la communication (au conseil universitaire notamment, où il n'y avait pas de représentant de chaque spécialité, ce qui va changer l'an prochain), que technique (des ordis souvent trop lents, en radio notamment) que purement formel (une première année trop théorique notamment) ... 
    Mais, même si ça prend du temps, on voit des améliorations (refonte des spés d'une année sur l'autre, réparation du studio radio, amélioration constante du studio actuel pendant l'année et beaucoup de promesses formulées !) 

    Globalement, je n'ai jamais regretté mon choix. Venir dans une école de journalisme et dans cette école a été bénéfique pour moi. Mais je dois dire que si c'était à refaire, je tenterai de faire mes deux années d'école en alternance. J'ai croisé au cours de mes stages plusieurs étudiants qui sont intégrés dans des rédactions pendant plusieurs mois et n'ont que quelques plages de cours. A chaque fois, j'ai trouvé que ces personnes avaient plus d'expérience (forcément) et qu'elles étaient toujours de bons journalistes. Cette formule se développe de plus en plus et si c'était à refaire, j'adorerais faire ça. Malheureusement, je ne crois pas que l'IJBA le propose à l'heure actuelle. Mais en tout cas, c'est à réfléchir pour ceux qui envisagent les concours.

    -----

    Voilà ! Je touche au but ! Cet article a été vraiment long à écrire (et à lire aussi j'imagine). J'avais un peu l'impression qu'avec cet article, je mettais fin à mes 2 ans à l'IJBA. Et c'est d'autant plus vrai que j'ai rendu ma carte Multipass qui permet d'accéder aux salles de l'IJBA. Désormais, il ne me reste que mon mémoire à écrire (je réécrirai peut-être 2-3 lignes à cette occasion). L'IJBA est donc bel et bien fini ! 

    Merci en tout cas à tout ceux qui m'ont suivi pendant 2 ans. Merci à ceux et celles qui m'ont lu, écrit, contacté pendant l'écriture de ce blog. Merci à vous et bonne continuation. Bon courage à ceux qui vont passer les concours, à ceux qui entreront dans une école (IJBA ou autre) et à bientôt ici ou ailleurs.

    L'IJBA est terminé mais le meilleur commence !! Si vous voulez continuer de me suivre dans mes aventures journalistiques, vous pouvez le faire ici et

     

    Maxime


  • Commentaires

    1
    Ta coloc
    Mercredi 9 Avril à 13:54

    Apparemment la formation en alternance est en préparation. C'est BB qui s'en charge. Bises. 

    2
    Mercredi 9 Avril à 14:11

    J'attends de voir ! Merci ma coloc ;)

    3
    Franck
    Mercredi 9 Avril à 14:56

    Etudiant à l'EJDG de Grenoble en première année, j'ai eu exactement le même pressentiment que toi sur le "trop" de théorie en M1. Des doublons d'un semestre sur l'autre et d'un cours à l'autre. Pour ma part, je pense que les écoles de journalisme ne répondent plus vraiment aux enjeux du secteur aujourd'hui. Au lieu d'être une pseudo filière universitaire avec notation (qui entre-nous est ridicule, étant donnée qu'il n'y a quasiment pas de redoublement et que les notes sont "gonflées"), les écoles devraient plutôt être des laboratoires où l'innovation journalistique est mieux pensée et préparée. Où est la part du web dans la formation ? Deux semaines, entre les vacances de Noël et de mars. Quand est-il des nouveaux formats journalistiques, type mook, revues tablettes, etc ? Quasiment pas exploités. Une grande réforme dans les programmes des écoles ne serait franchement pas du luxe, histoire de dépoussiérer tout ça ...

    4
    Mercredi 9 Avril à 15:38

    C'est vrai, tu as en partie raison. Je dis en partie, car il est difficile pour des étudiants à peine entrés en école de réflechir sur l'innovation d'un métier qu'ils ne connaissent pas. Mais en effet, nous ne sommes pas assez préparés à la mutation de notre métier. Mais déjà sa connaissance primaire est insuffisante. Il faut déjà maîtriser ces bases là pour inventer un futur. Et je te rejoins sur les nouveaux formats journalistiques qui ne sont jamais abordés. Je pense aussi que c'est dû à des profs qui sont plus profs que journalistes justement. Pour les écoles publiques (comme Bdx et Grenoble pour le coup), ceux qui enseignent en 1e année sont des enseignants et leur vision du journalisme est parfois plus lointaine que des gens intégrés dans des rédactions et qui pourraient avoir une vraie réflexion sur le journalisme. 

    5
    El
    Vendredi 11 Avril à 09:55

    J'ai du mal à comprendre comment tu as pu refuser Strasbourg si tu es effectivement europhile et passionné par l'actu européenne.

    6
    Vendredi 11 Avril à 13:51

    La question qu'on m'a souvent posée ! Aller à Strasbourg semblait en effet plus "logique" vu mon parcours. Je n'ai pas voulu "m'enfermer" dans cette dimension. Peut-être à tort ? Je suis retourné à Strasbourg pour le taf et il est vrai que la dimension européenne me manque clairement. Mais il n'est jamais trop tard ! Ca sera d'ailleurs l'objet de mon mémoire.

    7
    David
    Vendredi 18 Avril à 17:10

    Il sera sur quoi ton mémoire?

    8
    Astrid
    Lundi 21 Avril à 19:35

    Merci à toi pour ce blog qui est une mine d'or pour les gens comme moi, qui passent les concours et qui sont très intéressés par "l'intérieur" d'une école de journalisme :) et merci surtout pour tes conseils personnels !! 

    Je suis encore en concours ; je passe les écrits du CUEJ dans deux jours et je suis assez stressée mais ça me donnera l'occasion de voir Strasbourg qui a l'air superbe et, je ne sais plus si je te l'ai dit, mais je passe mon oral Sciences Po lundi prochain ! Autant dire que le stress n'est pas prêt de me quitter hahaha !!

    Et si ce n'est pas indiscret, qu'as-tu fait comme formation avant l'IJBA ? C'est toujours très intéressant de voir d'où on vient et où on va !

    Bonne continuation dans tes projets et je vais suivre avec attention tes aventures journalistiques :)

    9
    Jeudi 24 Avril à 17:28

    @David : Je travaille sur la création d'un média trans-européen. Est-il possible de créer un média (dont j'ignore le support : papier, web ...) publié le même jour dans les 28 pays de l'UE et dans toutes les langues. Quelle forme et quel fond ? Le but étant de relancer une identité européenne par l'avènement d'une presse européenne au sens géographique du terme. Gros projet, en réflexion actuellement donc.

    @Astrid : Merci encore pour tes compliments ! J'espère que tu vas cartonner au CUEJ, c'est un concours long (j'avais trouvé les épreuves longues pour ce qu'on a à faire) et donc c'est un peu de l'endurance ! Comment s'est passé l'oral de Sc Po ? Il paraît qu'il est horrible ! Tu me tiendras au courant des résultats !!
    Comme formation avant l'IJBA, j'ai fait une licence de droit ainsi qu'un Master 1 en droit européen (d'où mon mémoire, la boucle est bouclée)
    Bonne continuation à toi aussi, et je souhaite te suivre également après les concours !!

    10
    Fbeescool
    Mardi 29 Avril à 21:36

    http://www.cafebabel.fr/ Ici c'est un site d'information où des tas d'étudiants européens écrivent des articles, et ils font aussi participer des traducteurs pour qu'ils puissent être diffusés dans plusieurs langues.

    Après il y a un site qui a du cesser son activité, faute de financement il y a quelques mois et qui faisait un peu ce que fait le Courrier international mais avec les médias européens, j'ai complètement oublié le nom!

    En tout cas merci pour ton témoignage comme les autres l'ont déjà dit, et bonne continuation.

    Fbeescool

    11
    Mercredi 30 Avril à 19:53

    Je te remercie :)

    C'est vrai que Café Babel fait de l'excellent boulot. Pour l'autre, je pense que tu veux parler de PressEurop. C'est cet exemple qui va structurer mon mémoire. 
    Bonne continuation à toi aussi.

    12
    David
    Mardi 13 Mai à 19:38

    J'ai cru lire que t'avais remporté le tremplin Radio France. Félicitations

    13
    Mardi 13 Mai à 22:41

    C'est exact, en effet. Je te remercie pour ton message :)

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